C’est pourquoi le doublé de Petrucci en MotoAmerica est un véritable exploit

Ces dernières années, beaucoup se sont moqués du fait que Danilo Petrucci était “trop grand“Pour le MotoGP. Une affirmation légitimée par des prérogatives techniques objectivement hors de question. Ce qui est certain, sur le plan purement sportif, aujourd’hui »Pétrux“C’est même trop… génial pour la moto d’aujourd’hui. Passer deux mois de la course en MotoGP à la victoire de la cinquième étape du Dakar 2022, en remportant la double victoire lors de nos débuts en MotoAmerica, nous ramène à un sport d’une autre époque. À toutes fins utiles, les deux réclamations d’Austin représentent un véritable exploit.

CONNAÎTRE LA MOTOAMERIQUE

L’arrivée de Danilo Petrucci à MotoAmerica a clairement suscité un intérêt sans précédent pour l’ancien AMA Superbike. Les fans et/ou les professionnels qui ont suivi le championnat lors des saisons passées se comptaient sur les doigts d’une main. Le week-end dernier, cependant, quiconque s’est exprimé dans des jugements et des évaluations sans connaître les éléments, le contexte et sans avoir jamais vu une course MotoAmerica auparavant. Cela a-t-il quelque chose à voir avec le discours ? Pourrait être. Certes une thèse doit être motivée par des éléments objectifs et par une connaissance approfondie du défi que le bon Danilo s’est fixé pour 2022.

COMPAGNIE DE PETRUCCI

Commençons tout de suite : oui, Danilo Petrucci est une entreprise. Pas inédit, mais ça le reste. Le coureur de Terni s’est présenté à Austin contusionné par diverses blessures ces derniers mois, en plus d’une préparation limitée. Quatre jours d’essais “européens” (deux chacun entre Portimao et Misano) avec les pneus Panigale V4 R et Dunlop (unique fournisseur de MotoAmerica), mais sans collaboration avec l’équipe Warhorse HSBK Racing Ducati New York. En fait, l’équipe ne l’a rencontrée que pendant le week-end à Austin, alors que la compétition (de Gagné à Westby) avec leurs réalités respectives s’y est mise depuis au moins trois ans maintenant. De quoi témoigner que rien n’était acquis pour le double vainqueur d’un Grand Prix MotoGP.

PAQUET TECHNIQUE

Petrucci avait un missile V4 R disponible sur la ligne droite, mais pas encore à 100% sur la conduite. C’est ce qu’a avoué l’intéressé à l’issue de la Course 2, où pendant trois bons tours il s’est battu sans retenue avec le vice-champion en titre Mathew Scholtz avant de s’enfuir.

NIVEAU DES PILOTES MOTOAMERICA

En parlant de pilotes, beaucoup ont pointé du doigt le niveau de MotoAmerica. Précisément pour cette raison, une connaissance approfondie de la série serait appropriée avant de tirer des phrases. Ceux qui lèvent le nez pour le tour dans une course de sprint de seulement 14 tours, eh bien, il y en avait aussi à l’apogée de l’AMA. Le niveau général a baissé, mais pour les 3-4 premières positions ça reste plus que bon. Des pilotes peut-être pas avec des palmarès internationaux et quelques météores du monde, mais qui dans le contexte étranger connaissent leur métier et sont difficiles à battre. Austin fait traditionnellement un peu d’histoire en soi, mais n’enlève rien à ce que Petrucci a mis en valeur qui, il faut le rappeler, est en effet un pilote MotoGP. Pas des moindres : ceux qui pointent du doigt le niveau des pilotes américains sont souvent les mêmes qui ont commenté l’arrivée de Cameron Beaubier en Moto2 avec des évaluations folkloriques. Mais il a ensuite changé d’avis après ses résultats, last but not least la pole de samedi.

PRÉCÉDENT

La façon dont il s’est présenté à ce début, celui de Petrucci est un exploit. Il faut le dire, pas sans précédent. A nos couleurs, Lorenzo Zanetti pour sa première sortie en Superbike à part entière en MotoAmerica (Indianapolis 2020) a également remporté la Course 2, enchaînant une série de 6 podiums en 6 courses entre Indy et Laguna Seca. Plus tôt encore, en plein Austin, un Toni Elias convoqué à la dernière minute par Yoshimura Suzuki monopolisait la scène. La victoire de Petrucci était dans l’air, mais elle ne pouvait pas du tout être tenue pour acquise.

MAINTENANT LE DIFFICILE POUR PETRUCCI VIENT

De toute évidence, pour la nouvelle Ducatista, la difficulté est maintenant. Dans deux semaines, il courra sur les hauts et les bas de Road Atlanta, l’une des pistes les plus chargées d’adrénaline à l’étranger, où les spécialistes R1 Attack et MotoAmerica volent habituellement. L’an dernier, Loris Baz, au départ avec la même moto et la même équipe que Petrucci, s’est battu pour la victoire de la Course 1 avant une chute consécutive), puis est monté sur le podium à son retour en World Superbike avec GoEleven Ducati. En bref : gagner en MotoAmerica n’est pas facile. De quoi légitimer l’énième entreprise d’un 2022 magique vécu jusqu’ici par Danilo Petrucci.

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